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Vers la réappropriation sociale de la grande distribution

Déclaration ANC Carrefour : Carrefour et la grande distribution

lundi 30 septembre 2019 par Collectif ANC Carrefour

À l’heure où le climat social est aussi critique que le climat terrestre, Carrefour, leader de la grande distribution s’adonne à des transformations internes non sans conséquence pour les travailleurs.
1er employeur privé de France, 2nd mondial dans la grande distribution et bénéficiaire de presque 1 milliard d’euros par an, voici le palmarès du groupe Carrefour.
Il est bien moins gratifiant lorsque l’on regarde en arrière pour voir les années de régressions sociales graduelles, de tromperies et d’intimidations qui ont permis à ce groupe de s’enrichir.

En première ligne, les salarié-e-s. Gel de la prime d’ancienneté, réduction du bouquet de retraite, baisse drastique des primes de participation et d’intéressement, augmentation de salaires ridiculement basses et bien en dessous de l’inflation. Et cela, en augmentant constamment la charge de travail pour des conditions de travail toujours plus dégradées et une pression toujours plus forte.

Puis, les client-e-s. Augmentation des prix chaque année, rupture de stock fréquentes, fausses promotions, dégradation des services (surtout au niveau des caisses), des produits de qualité de moins en moins grande et moins bons pour la santé.

Mais aussi, les producteurs-trices et fournisseurs. Achat des produits à des prix dérisoires n’étant pas à la hauteur de la valeur du travail fourni, chantage sur les cadences de production et délais de livraison, demande de garanties de reprises des invendus, délit de marchandage.

Et enfin, les citoyen-e-s dont une partie des impôts qu’ils paient sont reversés directement à Carrefour au titre d’aide de la part de l’État principalement pour favoriser l’embauche et l’investissement. Il s’agit du fameux Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE).

De prime abord, l’on pourrait croire que ce dernier passage, contrairement aux précédents est une initiative bénéfique pour le collectif et dans l’intérêt de tous. Mais il n’en est rien. Lorsque l’on s’attarde sur les faits, on observe une politique de destruction de l’emploi et de précarisation au bénéfice des actionnaires. Pour preuve, Carrefour a perçu plus de 2 milliards d’euros de CICE ces 5 dernières années et a licencié plus de 10 000 salarié-e-s dans le même temps, tout en augmentant les dividendes des actionnaires et les salaires des hauts dirigeants.

Et ce n’est pas tout. Depuis l’arrivée du nouveau PDG Alexandre BOMPARD, Carrefour accélère la cadence et actionne tous ses leviers de pression pour augmenter encore plus ses bénéfices, et par le même biais, les dividendes versés aux actionnaires.

Et cela s’accompagne de casse sociale dans l’entreprise.

À l’annonce du plan BOMPARD 2022 sous la mandature présidentielle d’Emmanuel MACRON, on comprend la tendance contemporaine : numérisation, automatisation du travail, externalisation des métiers, location gérance, modèles DISCOUNT... Dans l’immédiat, cela signifie une nouvelle suppression massive d’emplois et la mise en place de la polyvalence à outrance dans un objectif de rentabilité. Par la suite, nous pourrons constater les conséquences désastreuses pour le consommateur.

La sous-traitance des métiers et de la gérance des magasins signifie l’absence totale de contrôle de Carrefour sur la qualité des produits et du service, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que le respect des normes d’hygiène.

L’automatisation du travail se traduit par moins de service au consommateur, notamment avec la mise en place des caisses automatiques qui font travailler gratuitement le client au détriment du salarié. Par ailleurs, cela pose la question de la place de l’humain et de la machine dans l’entreprise, sujet qui ne sera pas développé mais fera ultérieurement l’objet d’un article.

Reste la question du déploiement du modèle DISCOUNT dans les enseignes Carrefour. Là encore, sous l’image novatrice et bienveillante que Carrefour veut se donner, on peut facilement distinguer une nième injustice. Ces modèles, nommés « ESSENTIEL », seront mis en œuvre dans les magasins dont la clientèle est la plus modeste et situés dans les quartiers populaires. Cela ne signifie pas que l’on met à disposition des produits de qualité à des prix plus accessibles, mais au contraire, des produits de qualité médiocre ou standard type « Low-Cost » ou appartenant à la marque du distributeur, à des prix qui sont très peu avantageux par rapport aux prix standards.

De plus, dans les magasins de ce modèle, le choix sera beaucoup plus réduit à tout point de vue et le service y sera moindre, à la manière d’un magasin de déstockage. Cette stratégie laisse entrevoir une discrimination insupportable de la clientèle, où apparaît qu’une partie de la population n’ayant pas les moyens, ne pourra manger sainement à un prix abordable, avec une diversité de produits de qualité.

Et si on tourne le regard, l’herbe n’est malheureusement pas plus verte ailleurs. Les autres grands acteurs de la Grande distribution tels que Casino et Auchan observent la même ligne de conduite. Chez eux, les transformations se traduisent souvent par des fermetures et/ou cessions de magasins, des franchises ou encore des ouvertures 7j/7 24h/24… Même si la méthode diffère parfois, la finalité reste la même : le profit au détriment de l’humain.

Grâce à ces plans de destruction sociale et aux nouvelles technologies, une poignée d’actionnaires s’enrichit chaque année de plus en plus. Comment peut-on justifier des transformations drastiques au péril des salariés et des clients et dans le même temps gagner de plus en plus d’argent tous les ans ? Il convient également de se poser la question de l’origine de cet argent, d’où vient-il, grâce à qui et comment ?

Analysons la situation. Les produits vendus dans la grande distribution proviennent de fournisseurs et producteurs où ils ont été achetés à bas prix et revendus au prix fort. Ces mêmes produits sont transportés dans des plateformes puis préparés et dispatchés par des salariés de l’enseigne. Arrivés dans les magasins, d’autres salariés réceptionnent la marchandise pour la placer minutieusement dans les rayons. Ces mêmes rayons où les clients viendront plus tard se servir pour faire leurs courses, juste avant de les régler en caisse.

Dans tous les maillons de cette chaîne, le rôle de l’entreprise Carrefour a simplement été d’acheter les locaux et le matériel. Le reste, ce sont les producteurs, les clients et les salariés qui le font. Comment l’entreprise a-t-elle pu acheter, si ce n’est par la plus-value qu’elle a tiré du travail humain ? Voilà d’où vient la richesse de Carrefour, des travailleurs qui la créent et des consommateurs qui dépensent leur argent.

Alors qu’attendons-nous ? Tout cela nous appartient ! Travailleurs, clients, citoyens et producteurs, il est temps de reprendre le contrôle et de récupérer notre dû.

Il est temps de pouvoir consommer des produits de qualité à des prix accessibles, élaborés de manière responsable, dans le respect de l’environnement, achetés et vendus à un prix juste. Mais aussi transportés, manutentionnés, servis et encaissés par des employés payés à un salaire convenable leur permettant de vivre dignement.

Tout cela est possible et indispensable si nous reprenons notre destin en main.

Pour cela, une seule solution : Nationaliser la grande distribution !

Nationaliser et non pas étatiser. Il ne s’agit pas de remplacer des actionnaires par l’état mais de rendre à la population, salariés et consommateurs unis, ce qui leur appartient. Imaginez, une entreprise où consommateurs, producteurs et salariés œuvrent et décident ensemble pour faire vivre ce bien qui leur appartient et qui bénéficie au collectif comme à chacun et non à une minorité de personnes avides de pouvoir et d’argent.

Une entreprise qui respecte les différents acteurs de la distribution, qui propose des solutions pour une alimentation saine et écoresponsable à prix accessible ; qui privilégierait les circuits courts et les producteurs locaux, tout en payant le juste prix du travail ; qui paierait ses employés à des salaires décents, selon une échelle mesurée et équitable en fonction de la charge de travail et du niveau de responsabilité de chacun.

Et surtout, qui appartient aux citoyens qui y contribuent en y travaillant, en y vendant et/ou en y achetant des produits.

Alors « nationalisation » ou « réappropriation sociale », peu importe comment nous appelons cela, le but étant d’atteindre cet objectif dans l’intérêt commun et le respect de l’environnement.

La nationalisation, c’est lorsque la réponse aux besoins de tous passe avant le profit de quelques-uns.

   

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