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Occupation de l’Odéon : « On pensait rester deux, trois jours, mais là, c’est parti pour durer »

vendredi 12 mars 2021 par ANC

Voilà huit jours que le théâtre de l’Odéon, à Paris, est occupé. Professionnels de la culture ont été rejoints par ceux de l’événementiel, du tourisme, de la restauration... Étudiants aux Beaux-Arts et intérimaires de Manpower étaient là aussi. Tous présents pour porter les revendications de milliers de travailleurs laissés sur le carreau depuis an. Pour « exiger du travail et une protection sociale pour toutes et tous ».

Voici le communiqué des occupants de l’Odéon du 9 mars :

OCCUPONS ! OCCUPONS ! OCCUPONS !

"Dans le sillage de l’occupation des ronds-points, nous occupons l’Odéon. Ce théâtre et cette place sont redevenus des lieux de rencontre et de partage, une tribune quotidienne où depuis le 4 mars s’expriment les luttes et les colères : nous réinventons tou·te·s ensemble un service public essentiel. Cette lutte va au-delà des revendications de la culture car nous exigeons travail et protection sociale pour toutes et tous. Pour continuer cet élan qui nous porte, mettons en commun nos expériences et nos outils. Occupons nos lieux de travail pour s’organiser. Occupons les lieux de culture pour converger. Occupons tous les lieux où nos vies se décident pour se réapproprier notre avenir.! […] ».


Photos Jen-ANC

Après l’Odéon, le TNS occupé ! Et la Colline !

C’est de la base, celle des étudiants de son école, que s’est levé le mouvement qui a conduit à l’occupation du Théâtre national de Strasbourg. Dont les revendications croisent celles des occupants de l’Odéon, avec en bonus, le cœur battant de la jeunesse en lutte. Et c’est aussi le cas depuis hier soir à la Colline.

La suite ici : https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/090321/apres-l-odeon-le-tns-occupe-et-la-colline?utm_source=20210311&utm_medium=email&utm_campaign=LETTRECLUB&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[LETTRECLUB]-20210311&M_BT=105944259429

Déjà une réponse de Victor Hugo

En 1848, alors que Victor Hugo demande un décret de réouverture des théâtres fermés depuis trop longtemps, un représentant de Paris l’accuse de vouloir « faire du bruit ».

Victor Hugo rétorque :

« Ce que je veux, ce n’est pas du bruit, comme vous dites, c’est du pain ! Du pain pour les artistes, du pain pour les ouvriers, du pain pour les vingt mille familles que les théâtres alimentent !
Ce que je veux, c’est le commerce, c’est l’industrie, c’est le travail, vivifiés par ces ruisseaux de sève qui jaillissent des théâtres de Paris ! C’est la paix publique, c’est la sérénité publique, c’est la splendeur de la ville de Paris, c’est l’éclat des lettres et des arts, c’est la venue des étrangers, c’est la circulation de l’argent, c’est tout ce que répandent d’activité, de joie, de santé, de richesse, de civilisation, de prospérité, les théâtres de Paris ouverts.
Ce que je ne veux pas, c’est le deuil, c’est la détresse, c’est l’agitation, c’est l’idée de révolution et d’épouvante que contiennent ces mots lugubres : les théâtres de Paris sont fermés !
Je l’ai dit à une autre époque et dans une occasion pareille, et permettez-moi de le redire : les théâtres fermés, c’est le drapeau noir déployé.
Eh bien, je voudrais que vous, vous les représentants de Paris, vous vinssiez dire à cette portion de la majorité qui vous inquiète : osez déployer ce drapeau noir ! Osez abandonner les théâtres ! Mais, sachez-le bien, qui laisse fermer les théâtres fait fermer les boutiques ! Sachez-le bien, qui laisse fermer les théâtres de Paris, fait une chose que nos plus redoutables années n’ont pas faite ; que l’invasion n’a pas faite, que quatrevingt-treize n’a pas faite ! Qui ferme les théâtres de Paris éteint le feu qui éclaire, pour ne plus laisser resplendir que le feu qui incendie ! Osez prendre cette responsabilité !
Messieurs, cette question des théâtres est maintenant un côté, un côté bien douloureux, de la grande question des détresses publiques. Ce que nous invoquons ici, c’est encore le principe de l’assistance. Il y a là, autour de nous, je vous le répète, vingt mille familles qui nous demandent de ne pas leur ôter leur pain ! Le plus déplorable témoignage de la dureté des temps que nous traversons, c’est que les théâtres, qui n’avaient jamais fait partie que de notre gloire, font aujourd’hui partie de notre misère.
Je vous en conjure, réfléchissez-y. Ne désertez pas ce grand intérêt. Faites de moi ce que vous voudrez ; je suis prêt à monter à la tribune, je suis prêt à combattre, à la poupe, à la proue, où l’on voudra, n’importe ; mais ne reculons pas ! Sans vous, je ne suis rien ; avec vous, je ne crains rien ! Je vous supplie de ne pas repousser la proposition. »

Photo : L’estaminet - Cie Lubat / Uzeste Musical

   

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