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L’armée française a commis une bavure au Mali, selon un rapport de la Minusma (ONU).

l’Impérialismle français se dévoile !

mercredi 31 mars 2021 par ANC

Une enquête des Nations unies dans le pays assure que la frappe du 3 janvier sur le village de Bounti a visé un mariage et tué notamment dix-neuf civils. Ce que l’armée française réfute en contestant « la méthodologie » du rapport.

Depuis des années, les soldats français de l’expédition Barkhane combattent, selon nos dirigeants, l’intégrisme dans les pays du Sahel. Le bilan est désastreux : l’insécurité y est toujours plus grande, des milliers de victimes et des centaines de milliers de réfugiés fuyant les combats, et une influence toujours plus grande des clandestins armes, combinant le fanatisme religieux, le trafic de drogue, d’armes et d’hommes.

Tel est le résultat de la présence militaire française, du Mali au Burkina, du Niger au Tchad. Et, pour cacher cet échec, les dirigeants français n’hésitent pas à mentir effrontément.

L’exemple le plus récent de ce déni de la réalité tragique est l’affirmation obstinée de la Ministre des Armées de Macron, qui persiste à nier le récent massacre de villageois (Peuls) maliens rassemblés à l’occasion d’un mariage par les bombardiers français.

L’enquête menée à ce sujet par les experts de l’ONU ( MINUSMA ) est sans appel : c’est bien d’un massacre de civils qu’il s’agit. L’armée française et les politiciens Macroniens qui la dirigent vont ils, comme au temps de l’affaire Dreyfus, nier l’évidence de ce crime de guerre ?

Nous publions le rapport de l’ONU sur cette bavure dans son intégralité.

Vue aérienne de la zone touchée, près de Bounti (Mali), le 25 janvier. MINUSMA

Résumé du Rapport :

Suite aux allégations faisant état de la mort de plusieurs civils suite à une frappe aérienne à proximité du village de Bounty le 3 janvier 2021, la MINUSMA, à travers sa Division des droits de l’homme et de la protection (DDHP), a déployé une mission spéciale d’établissement des faits du 4 janvier au 20 février 2021, avec l’appui de la Force et le soutien de la police scientifique des Nations Unies et de l’information publique en vue de faire la lumière sur les informations et allégations reçues.

L’équipe de la mission composée de quinze (15) chargés des droits de l’homme, avec le soutien de deux (2) experts de la police scientifique des Nations Unies et de deux (2) chargés de l’information publique a effectué ses travaux à Bamako, Mopti, Sévaré, Douentza et Bounty.

Dans le cadre de cette enquête spéciale conduite conformément à la méthodologie du Haut- commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, l’équipe a observé des règles strictes de collecte d’information et de témoignages afin de s’assurer non seulement du respect des plus hauts standards en la matière mais également de la crédibilité, la pertinence et fiabilité des éléments collectés.

L’équipe a organisé des entretiens présentiels individuels avec au moins 115 personnes et avec au moins 200 personnes lors des réunions groupées et réalisé plus d’une centaine d’entretiens téléphoniques. Elle a également analysé au moins 150 publications, notamment des communiqués et déclarations officiels, des articles de presse, des déclarations et positions d’autres acteurs et des sources ouvertes ainsi que des photographies et vidéos concernant la frappe de Bounty.

Le 25 janvier 2021, avec l’appui et la couverture aérienne de la force de la MINUSMA, l’équipe s’est rendue à Bounty et visité le lieu de la frappe aérienne, l’endroit présumé d’enfouissement des dépouilles des personnes tuées par la frappe ainsi que le village.

Au terme de l’enquête, la MINUSMA est en mesure de confirmer la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe une centaine de civils parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma.

Au moins 22 personnes, dont trois des membres présumés de la Katiba Serma présents sur le lieu du rassemblement, ont été tuées par la frappe de la Force Barkhane survenue le 3 janvier 2021 à Bounty.

Sur les 22 personnes tuées, 19 l’ont été directement par la frappe dont 16 civils tandis que les trois autres civils ont succombé des suites de leurs blessures au cours de leur transfèrement pour des soins d’urgence. Au moins huit autres civils ont été blessés lors de la frappe. Les victimes sont tous des hommes âgés de 23 à 71 ans, dont la majorité habitait le village de Bounty.

L’équipe n’a constaté sur le lieu de l’incident aucun élément matériel qui aurait pu attester la présence d’armes ou de motos tel qu’établi par le rapport des experts de la police scientifique des Nations Unies.

Le groupe touché par la frappe était très majoritairement composé de civils qui sont des personnes protégées contre les attaques au regard du droit international humanitaire. Cette frappe soulève des préoccupations importantes quant au respect des principes de la conduite des hostilités, notamment le principe de précaution dont l’obligation de faire tout ce qui est pratiquement possible pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires.

Au terme de l’enquête, la MINUSMA recommande aux autorités maliennes et françaises de diligenter une enquête indépendante, crédible et transparente afin d’examiner les circonstances de la frappe et son impact sur la population civile de Bounty ; d’examiner de manière approfondie les processus de mise en œuvre des précautions lors de la préparation d’une frappe ainsi que des critères utilisés pour déterminer la nature militaire de l’objectif aux fins de l’application du principe de distinction y compris l’appartenance à un groupe armé à la lumière de cet incident et à y apporter des modifications si nécessaires ; d’enquêter sur les possibles violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme et d’établir les différentes responsabilités et d’octroyer le cas échéant une réparation appropriée aux victimes et aux membres de leurs familles.

L’intégralité du rapport en pdf et en word :

   

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