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Gestion politique de la Covid-19 et exercice du pouvoir par les passions tristes (Première partie).

À lire avec patience...

mardi 31 août 2021 par Pierre Roche

Nous nous proposons d’interroger la gestion politique de l’épidémie de la Covid-19 en France, plus précisément la façon dont elle a produit un nouveau complexe affectif assujettissant, des passions tristes [1] qui ont pour effet de fixer les hommes et les femmes dans l’impuissance. Une telle interrogation n’est pas nouvelle. Pour Montesquieu, par exemple, chaque système politique met en place un modèle de passion qui correspond à sa structure et à son fonctionnement. Il montre notamment « (…) comment le gouverné doit être passionnellement déterminé pour que le gouvernement puisse avoir prise sur lui (…) » (BINOCHE, 1998, p.108.)

« Pour faire fonctionner selon la pure théorie les droits et les lois, les juristes se mettaient imaginairement dans l’état de nature ; pour voir fonctionner les disciplines parfaites, les gouvernants rêvaient de l’état de peste. »

Surveiller et punir
Michel FOUCAULT, 1975

Dans le cas présent, la façon dont le gouvernement gère cette épidémie a pour effet d’accélérer la transformation de cette économie affective afin de la mettre en phase avec les nouvelles exigences du capitalisme mondialisé.
C’est du moins l’hypothèse que nous formulons ici.

Nous devons beaucoup notre vision des processus en jeu à Spinoza, aux lentilles polies par ses soins (SAUVANET, 1998). Ce dernier avait montré dans le Traité théologico-politique (TTP) que l’usage instrumental de la religion était à son époque au cœur du processus d’assujettissement. Il déclarait notamment dans sa préface que « le grand secret du régime monarchique et son intérêt vital consistent à tromper les hommes, en travestissant du nom de religion la crainte, dont on veut les tenir en bride ; de sorte qu’ils combattent pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut (...) » (SPINOZA, [1670]- 1992, TTP, p. 609).

C’est l’usage instrumental de la médecine et plus largement de la science qui a pris désormais le relais. Comme c’était le cas pour la religion, dans l’analyse spinoziste, précisons que ce n’est pas en prenant appui sur, mais au nom de la médecine et de la science que le pouvoir tient en bride les hommes. Aussi faudrait-il, dans le sillage du TTP, s’atteler à écrire un traité médico-politique (TMP) ou peut-être, compte tenu de l’importance prise par les médias dans ce travail d’asservissement du peuple, un traité médico-médiatico-politique (TMMP).

C’est en inscrivant modestement notre contribution dans cette perspective que nous ferons retour sur ce qu’Eugène Enriquez [2] écrivait, il y a quarante ans, sur les régimes politiques et les modes du contrôle social (ENRIQUEZ, 1983, pp.327-361). Les historiens nous ont appris que les mesures prises lors des épidémies étaient susceptibles de transformer les modalités du contrôle social, parfois durablement en pérennisant ce qui était exceptionnel et justifié seulement en raison de la situation, parfois d’un état d’urgence : création de polices pour les étrangers, de registres pour ces derniers tendant à se généraliser à l’ensemble de la population, militarisation de l’ordre public, quadrillage de l’espace urbain, surveillance des déplacements des hommes, mise en place d’une justice d’exception… (CARRIÈRE, COURDURIÉ & REBUFFAT, 1968 ; BIRABEN, 1976 ; HILDESHEIMER, 1990 ; BEAUVIEUX, 2014).

Nous tenterons alors de mettre à nu ce qui a radicalement changé aujourd’hui dans notre société sous l’effet de cette gestion politique de l’épidémie de la Covid-19 même si, sans doute, en raison même de notre immersion dans l’évènement, il nous est encore difficile de faire la part entre l’éphémère et le durable.
Acceptation du statut d’esclave ou réappropriation de la puissance d’agir ? Nous montrerons, in fine, qu’il n’y a guère d’autre alternative que celle-ci.

Crainte, peur et espoir

Un ballottement entre crainte et espoir

Certes l’épidémie de la Covid-19 était, en tant que telle, susceptible d’enfermer les hommes dans un ballottement permanent entre crainte et espoir, entre une « tristesse inconstante née de l’idée d’une chose future ou passée de l’issue de laquelle nous doutons en quelque mesure. » (SPINOZA, [1677]-1977, Ethique (E), T1, 3, définitions des affects, XIII, p. 375) et une « joie inconstante née de l’idée d’une chose future ou passée de l’issue de laquelle nous doutons en quelque mesure. » (SPINOZA, E, T1 3 [3], définitions des affects, XII, p.375.)3, entre deux affects inextricablement liés, chacun ne pouvant s’exprimer sans réveiller l’autre.

Il n’est guère en effet de crainte sans espoir mais aussi d’espoir sans crainte ; l’un et l’autre suscitant beaucoup de crédulité. [4]

Tous les pouvoirs prennent en charge la gestion d’une telle oscillation, s’emploient à la mettre en travail. Aucun sans doute ne peut vraiment s’en exempter, du moins s’il veut perdurer. Ce n’est guère nouveau. Longtemps, ils ont maintenu les hommes sous emprise au nom de leur salut. Aujourd’hui, l’émergence de la covid-19 leur offre des possibilités décuplées pour se renforcer au travers d’une telle gestion, l’objectif annoncé de préserver leur santé se substituant à celui d’assurer leur salut.

Le pouvoir, en France, ne s’est pas en effet privé d’entretenir, d’amplifier, d’activer ou de réactiver les affects propres à cette oscillation afin d’en tirer un profit politique. Il les a renforcés « dans leur intensité et leur intériorité » (ANSART, 1983). La crainte que l’autre dominant suscite chez les dominés constitue ici l’affect fondamental direct tandis que l’espoir n’est qu’une affection indirecte.

Il y a d’abord chez ces derniers la crainte de contracter la maladie, voire d’en mourir puis l’espoir de la prévenir ou d’en guérir en obéissant aux commandements qui leur sont faits (LAZZERI, 1987) essentiellement autour d’un certain type de vaccination ; en aliénant toujours plus leur puissance (potentia) de penser et d’agir à ceux qui les tient en leur pouvoir (potestas). [5]

Le retournement de la crainte

Avant l’émergence de cette épidémie, c’est plutôt la multitude se constituant en classe pour soi au travers de ses luttes qui inspirait de la crainte au pouvoir (BALIBAR, 1997). « La foule est terrible quand elle est sans crainte (…) » (SPINOZA, E, T.2, 4, pro. LIV, scolie, p.107). Appuyé par une majorité de français, le mouvement des Gilets jaunes ne faiblissait pas sur la durée.

Gouvernant en grande partie pour écarter cette crainte, le pouvoir mettait alors tout en œuvre pour lui « tendre des embûches » [6] mais en vain. De surcroît, la répression, pour brutale et sanglante qu’elle fut, n’avait guère entamé la colère et l’indignation qui portaient les manifestants, leur détermination.
Un des premiers effets majeurs de la gestion de la Covid-19 fut d’interrompre ce processus, de retourner assez soudainement la crainte contre le peuple.

Désormais, la crainte, ce n’était plus celle qu’il inspirait aux dominants mais celle qu’il éprouvait ; une crainte qui, désormais, poussait les manifestants à fuir le pavé comme naguère les armées désertaient soudainement les champs de bataille : « Jamais nos craintes ne sont pesées : nous tremblons trop pour tenir la balance. On a vu des armées fuir à l’aspect d’un nuage de poussière élevé par des troupeaux (…) » (SENEQUE, 1778, T. 1, p.55).

La transmutation de la crainte en peur

Nous ne saurions comprendre pleinement l’enjeu majeur de cette gestion sans prendre en compte la distinction opérée par Spinoza entre la crainte (Metus) et la peur (Timor) (VAYSSE, 2012) car le pouvoir, on va le voir, n’a guère, en France, économisé ses efforts afin de réaliser la transmutation de la première en la seconde.

La peur constitue l’affect princeps de cette gestion de la crise sanitaire. Elle est avant tout peur de la mort, la pire des passions tristes, celle dont Épicure, déjà, tentait de nous affranchir (EPICURE, 1987), dont La Boétie reliait sa diffusion au maintien de tout pouvoir (LA BOETIE, [1574]-1993), dont Hegel montrait le rôle décisif dans la constitution de la figure de l’esclave en poussant l’homme à obéir (HEGEL, [1807]-1993).

Elle revêt une dimension stratégique de calcul d’intérêt. Elle peut, sous la conduite de la raison, être bonne conseillère lorsque celui qui la subit évite de prendre des risques inconsidérés ou de se laisser emporter par des passions destructrices. Mais elle est le plus souvent, parce que placée sous le régime de l’imaginaire, mauvaise conseillère. Elle ouvre la voie au fourvoiement en empêchant toute pensée et toute action authentiques. Elle peut être source de réactions sordides, notamment dans des moments de panique. Elle transforme les individus en sujet du pouvoir médiatico-médico-politique.

Pour Spinoza, elle n’est autre que le désir d’éviter un mal en acceptant un mal que l’on juge moindre. « (…) la Peur n’est donc autre chose que la crainte en tant qu’elle dispose un homme à éviter un mal qu’il juge devoir venir par un mal moindre. » (SPINOZA, E, T1, 3, XXXIX, scolie, p.319).

Elle pousse celui qui l’éprouve à accepter tout ce qui empêche, empoisonne la vie : les confinements, les couvre-feux, les interdictions de déplacement, les fermetures des cafés, des restaurants, des salles de sport, des cinémas, des théâtres… même en l’absence d’efficacité et de légitimité de telles mesures sociales [7] ; elle le pousse à accepter les atteintes à la liberté, à la dignité, le contrôle permanent de ses activités quotidiennes par le biais d’un passe « sanitaire », un monde sans convivialité.

La spécification de la crainte en consternation

Mais il y a plus. Dans une telle dynamique affective, la crainte est aussi radicalement transformée en consternation (consternatio). « (…) comme elle naît d’une Peur double, elle (la consternation) peut être définie (…) comme étant la Crainte qui contient de telle sorte un homme frappé de stupeur ou flottant, qu’il ne puisse écarter le mal. Je dis frappé de stupeur, en tant que nous concevons son Désir d’écarter le mal comme réduit par l’étonnement. Je dis flottant, en tant que nous concevons ce désir comme réduit par la Peur d’un autre mal qui le tourmente également ; d’où vient qu’il ne sait lequel des deux détourner. (SPINOZA, E, T1, 3, définitions des affections, XLII, explication, pp.395-397.)

C’est le cas lorsqu’on se trouve face à une alternative dans laquelle on ne sait plus distinguer parmi les deux maux celui qui serait le moindre. Faut-il se résoudre à se faire vacciner même si l’on s’expose à des effets secondaires graves (syndromes pseudo-grippaux souvent de forte intensité, allergie sévère, accident cardio-vasculaire, tachycardie, myocardite, péricardite, polyarthrite rhumatoïde, néphropathie glomérulaire, trouble rénal, syndrome de Guillain-Barré, paralysie faciale, zona, thrombose, décès…) ?

Faut-il refuser alors que certains variants seraient aujourd’hui plus contagieux et plus virulents ou, du moins, présentés comme tels ?
Peut-on continuer à refuser avec la mise en place d’un passe qui conditionne désormais la possibilité de vivre et de travailler ?
Peut-on alors accepter ce renforcement du contrôle social, cette remise en cause de la frontière entre le public et le privé ?
De quoi faut-il avoir plus peur lorsque les injonctions paradoxales émaillent le discours politique ; par exemple, sur le port des masques tour à tour interdit, recommandé puis obligatoire ?
Pour beaucoup, l’alternative est impossible car, quel que soit le terme adopté, le risque encouru leur semble grave. Pris de panique [8], affolés, flottant ou, au contraire, sidérés, [9] frappé de stupeur, ils cessent alors de faire face à la situation, ne peuvent plus arbitrer selon l’intensité des affects qu’ils éprouvent, ne savent plus vers quoi se tourner et, après chaque acte posé, s’ils ont su, éviter le pire. La différence entre la peur (Timor) et la consternation (Consternatio) ne réside pas seulement dans le quantum d’affects ici mobilisés, elle est aussi qualitative en raison de leurs effets sur le psychisme humain.

La peur brouille fortement mais n’annihile pas totalement toute faculté de juger, toute capacité stratégique, toute possibilité de choix. La consternation a des effets bien plus radicaux sur ce psychisme parce qu’elle pour effet de paralyser ou d’affoler, de provoquer ressassement ou surinterprétation délirante.

Le fait d’avoir réussi à plonger les hommes dans un état de stupeur (un état d’étonnement imbécile dans la traduction du texte de Spinoza ci-dessous) a peut-être constitué le moment décisif de l’exercice du pouvoir lors de la gestion de l’épidémie. Les dominants savent qu’il constitue le seul moyen dont ils disposent pour assoir leur pouvoir. Aussi est-il impérieux pour eux de stigmatiser ceux qui ne cèdent pas dans leur désir de comprendre. Que ces derniers soient tenus, il y a trois cents ans, pour hérétiques et impies ou, aujourd’hui, pour complotistes et conspirationnistes importe peu ici, il s’agit avant tout de discréditer leur position et de les empêcher de faire reculer l’ignorance : « (…) quiconque cherche les vraies causes des prodiges, et s’applique à comprendre en savant les choses de la nature au lieu de s’en émerveiller comme un sot, est souvent tenu pour hérétique et impie, et proclamé tel par ceux que le vulgaire adore comme des interprètes de la nature et des Dieux. Ils savent bien que détruire l’ignorance, c’est détruire l’étonnement imbécile, c’est-à-dire leur unique moyen de raisonner et de sauvegarder leur autorité. » (SPINOZA, E, T1, 1, Appendice, p.107.)

L’espoir

Dans le discours narratif dominant, on ne place pas l’espoir d’en terminer avec l’épidémie ailleurs que dans le succès du vaccin. [10] Ce dernier a fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle. Il n’a été autorisé qu’à titre provisoire (un an renouvelable) parce qu’aucun traitement alternatif n’a pu jusqu’alors faire l’objet d’une reconnaissance de la part de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il y a là une clé pour comprendre les politiques qui ont empêché la mise en place de protocoles de soins de la Covid-19 avec des molécules anciennes. Le vaccin devait constituer la seule solution pour sortir des confinements et couvre-feux et recouvrer la « liberté » ; Il devait être la seule source d’espoir et seulement source d’espoir. Aussi s’emploie-t-on systématiquement à disqualifier tous les questionnements légitimes sur leur efficacité et leur innocuité, qu’ils peuvent susciter en raison de la rapidité de leur conception (pour les quatre vaccins homologués en France, aucun industriel n’a terminé son protocole d’essai, tous sont encore en phase trois [11]), de leur caractère expérimental (notamment avec l’ARN messager jamais testé sur les êtres humains), de l’allègement en juillet 2020 de la législation européenne sur les OGM [12], du transfert de toute responsabilité des laboratoires privés sur les États, voire les individus, de l’absence d’une politique, dans le cadre de l’Union européenne, qui se donnerait tous les moyens pour vérifier la pertinence des études conduites par leurs promoteurs...

Face à un virus dont l’évolution reste très largement imprévisible, pourquoi avoir choisi des vaccins dont les effets sont, eux aussi, imprévisibles ?
Pourquoi ne pas avoir choisi ceux d’entre eux qui reposent sur une technologie plus traditionnelle (les vaccins à virus inactivé comme le chinois Sinopharm) dont on connait les effets ?
Enfin, le choix d’une pharmacovigilance passive, dans laquelle il revient au patient ou à son médecin traitant de faire remonter les effets non désirables, ne peut que favoriser une très forte sous- déclaration de ces derniers.

On sait que Spinoza range l’espoir dans les passions tristes car il n’est pas bon par lui- même dans la mesure où il est, le plus souvent, peu fondé sur la connaissance et porte toujours la trace de quelque tristesse. Certes, l’espoir est une joie mais celle-ci naît de la pensée d’un bien incertain et est intimement lié à la crainte, à une souffrance liée à l’imagination d’un mal possible. [13]

On connait sa fameuse formule : « (…) il n’y a pas d’Espoir sans Crainte ni de Crainte sans Espoir. » (SPINOZA, E, T1, 3, XIII, explication, p.375).

C’est la peur de la mort qui pousse un grand nombre d’hommes à espérer ce que les religions leur promettent, la vie dans l’au-delà. C’est cette même peur qui les pousse à espérer ce que les pouvoirs dominés par BIG Pharma leur promettent en cas de vaccination, la vie d’avant, une vie normale alors que l’on peut raisonnablement douter de l’efficacité des vaccins, de la durée de l’immunité qu’ils permettraient si les variants continuent à se démultiplier, de leur capacité à protéger la personne concernée, à éviter l’infection ou à réduire sa gravité, à freiner la circulation du virus et surtout de leur innocuité.

Des vaccins comme AstraZeneca ou Johnson et Johnson ont déjà fait l’objet d’une suspension dans certains pays, notamment en raison de leur lien avec la survenue de thromboses parfois mortelles.

Mais le problème est plus général. Il suffit aujourd’hui de se rendre sur le site de l’Agence Nationale de la sécurité du médicament (ANSM) pour prendre la mesure de l’ampleur des effets secondaires. Le fait qu’elle ait déjà enregistré autour de 1000 décès post-vaccinaux. [14] pour les 4 vaccins alors qu’un tel chiffre ne constitue qu’un minimum en raison de la très forte sous-estimation induite par le système de pharmacovigilance passive témoigne de la gravité de la situation (MUCCHIELLI ; BANOUN ; DARLES ; MENAT ; PAVAN & ULMILE, 2021). En fait, aucune évaluation sérieuse ne sera possible avant 18 ou 24 mois, surtout pour les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) jusqu’ici jamais testés sur des humains à une telle échelle.

De surcroît, la réalisation de cet espoir ne dépend guère des hommes, il leur faut seulement bien se conduire, attendre passivement, rêver à la façon dont ils vivront le jour d’après. Or, ce temps d’attente pour les dominés est un temps de pleine activité pour les dominants. Ces derniers, loin de respecter une sorte de trêve, redoublent d’effort, mettent à profit la situation liée à l’état social d’urgence mais aussi psychique d’hébétude, de sidération, de stupeur, de consternation pour réduire les libertés publiques (notamment avec la loi dite sécurité globale ), les droits des salariés et des demandeurs d’emploi (avec les réformes de la retraite et de l’assurance chômage [15]) et, au-delà, pour détricoter tout ce qui avait été tissé dans les luttes sociales et politiques, notamment depuis les réalisations du Conseil national de la résistance.

Qu’est-ce qui a permis peur et consternation ?

Qu’est-ce qui a permis à la peur puis à la consternation de s’abattre sur la société française. Nous évoquerons la production par le pouvoir d’un narratif qui n’a cessé de surestimer la gravité de l’épidémie mais aussi l’aggravation, au travers de certains choix politiques, des effets de celle-ci. Nous nous centrerons sur le refus de la prévention et des traitements précoces avec des molécules anciennes et sur l’empêchement de l’agir des praticiens de première ligne.

Un fait bien paradoxal, à première vue, car comment un pouvoir qui déclare la guerre à un ennemi invisible très agressif et meurtrier peut-il se permettre de désarmer les soldats qui sont sur le front et se priver d’un avion de combat aussi performant que l’Institut hospitalier universitaire (IHU) – méditerranée de Marseille [16] qui avait été conçu précisément pour intervenir en cas de survenue d’une épidémie ?
Comment un pouvoir qui ne cesse de taxer de rassuristes ceux qui essaient de prendre la juste mesure de l’épidémie peut-il se permettre de ne pas utiliser tous les moyens matériels et humains dont il dispose ?

Un narratif qui surestime la gravité de l’épidémie

L’annonce de scénarios-catastrophes

Dès le début, la référence princeps fut celle d’un scénario-catastrophe encore fortement présent dans la mémoire commune, celle de la grippe espagnole dont le nombre de morts a été récemment estimée autour de 100 millions (5 % de la population mondiale de l’époque). Rien d’étonnant alors qu’on privilégia, parmi les outils de prévision de sa propagation, le modèle mathématique de Neil Ferguson, épidémiologiste et mathématicien au collège impérial de Londres. En se basant sur un scénario de 300 à 500.000 morts pour la France, celui-ci permit dès le mois de mars de nourrir des discours alarmistes.

Le président de la République annonça de nouveau un tel scénario-catastrophe lors d’une allocution du mois d’octobre afin de justifier le deuxième confinement, en s’appuyant cette fois sur une modélisation de l’institut Pasteur (FONTANET & CAUCHEMEZ, 2020). Il fallait alors s’attendre à plus de 400.000 morts et à devoir trier les malades [17]. Or, ce n’est point sous-estimer l’ampleur de la crise sanitaire que de reconnaître la non-réalisation de ces scénarios- catastrophes. [18]

Mots inquiétants, chiffres alarmants et images chocs

Les mots sont d’autant plus importants dans l’instauration de ce climat de peur qu’ils sont dotés d’une forte charge émotionnelle, susceptibles de susciter des images négatives et répétés en boucle sur l’ensemble des médias. Le virus devient un fléau, un ennemi invisible qui ne cesse de s‘emballer, dont la progression est exponentielle, hors de contrôle. On constate ici la récurrence des métaphores du feu et de l’eau, celle de la flambée épidémique [19] mais aussi de la vague épidémique qui devient une montée des eaux à la manière d’une marée lente et inexorable ou d’un tsunami imprévisible aux effets particulièrement dévastateurs. [20]

Que l’eau soit peut-être ici plus privilégiée encore que le feu fait sens. N’est-elle pas, en effet, ce qui ne peut être saisi, pris entre les mains ?
N’exprime-t-elle pas, dans l’ensemble confus de tout ce qui peut être vécu, la domination forte d’un affect, celui de l’impuissance ?

Les chiffres ne sont pas moins importants que les mots. Lors du début de l’épidémie, un étrange rituel est institué chaque soir, à une heure de grande écoute, avant que ne commence le journal télévisé : Le directeur général de la santé égrène les dernières statistiques de la Covid-19 et notamment le nombre de décès. Un rituel qui s’inscrit dans un culte et une culture de la mort.

On est confronté à une batterie de chiffres dont on peut raisonnablement douter de la pertinence. Ceux qui sont issus des tests PCR prêtent tout particulièrement le flanc à la critique.
Un chiffre est-il toujours un indicateur et, surtout, toujours le même indicateur ?
Ainsi, au début de l’épidémie, le nombre de « cas » était le nombre de personnes hospitalisées pour une forme grave et/ou dont le tableau clinique était celui de la Covid-19. Lorsqu’ils ont commencé à être disponibles, les premiers tests PCR ont pu contribuer à confirmer le diagnostic. L’augmentation de leur nombre pouvait alors rendre compte d’une aggravation de l’épidémie et sa diminution de son recul.

Plus tard, à partir du mois d’août 2020, lorsque les tests ont été accessibles et généralisés en population générale, le nombre de « cas » renvoyait au nombre de personnes dont le test était positif alors même qu’elles ne présentaient pas forcément un tableau clinique propre à la Covid-19. Son augmentation pouvait rendre compte non pas d’une aggravation de l’épidémie mais de l’augmentation du nombre de tests réalisés et/ou du nombre de cycles d’amplification à l’intérieur de ces tests.
L’utilisation d’un même mot pour désigner des indicateurs très différents est source de confusion et rend plus difficile le repérage des personnes qui ont besoin d’une prise en charge.
Par contre, un tel procédé permet d’entretenir la peur et de justifier la mise en place de mesures drastiques et extrêmement contraignantes pour l’ensemble de la population (confinement, couvre-feu…).

Il faut enfin évoquer la production d’images chocs.
Retenons celle de l’écrasement d’un Boeing lorsqu’on rend compte du nombre de morts journaliers : « Il y a un choix de société, qui est un choix politique, qui est d’accepter que l’on ait chaque jour un Boeing qui s’écrase, c’est à dire 300-340 décès. » [21] Sauf que le Boeing qui s’écrase chaque jour, pour ne prendre que le cas du cancer, fait plus de morts encore (approximativement autour de 440 morts avec un âge médian situé entre 73 pour les hommes et 75 pour les femmes alors qu’il s’établit à plus de 80 ans pour la COVID). [22]

Retenons aussi celles que l’on voit défiler dans un spot de prévention que le gouvernement a inséré dans les séquences réservées à la publicité sur les chaînes de la télévision. Ce spot présente d’abord des scènes de la vie quotidienne propres au monde du travail, de l’école ou encore de la famille dans lesquelles les personnes sont proches, s’embrassent. La scène finale montre la mère de famille, à l’hôpital, malade de la Covid-19. On ne mise ici que sur les passions tristes (peur mais aussi culpabilité, honte…) pour faire prévention. C’est la proximité en tant que telle que l’on dote d’une charge mortelle. On aurait bien sûr préféré que le message soit tourné vers la recherche d’une autre proximité. [23]

Un terrain favorable à l’emprise de ce narratif

L’emprise de ce narratif n’aurait pas été si forte si d’autres peurs n’avaient pas été instillées depuis longtemps dans la société française. Nous ne ferons pas ici œuvre d’histoire en remontant jusqu’aux peurs si brillamment analysées par Jean DELUMEAU (1978) même si celles-ci ont durablement façonné nos mentalités. Évoquons seulement ici des peurs plus récentes, celle du chômage et celle des attentats terroristes.

Nous avons pu mesurer les effets délétères de la peur de perdre son emploi ou de ne pas en trouver dans le cadre d’une société ravagée par le chômage de masse. Cette peur a poussé les salariés à en rabattre sur leur exigence, à travailler intensément, dans des conditions toujours plus précaires et en échange d’un revenu toujours plus bas. Elle a contribué à desserrer les liens de solidarité et d’entraide. Elle a considérablement affaibli les syndicats dans leur combat pour de meilleures rémunérations et conditions de travail ; elle les a poussés à agir uniquement sur l’emploi, délaissant alors les questions relatives à la santé. (ABECASSIS & ROCHE, 2001).

En fait, la situation économico-sociale dans laquelle l’exclusion sociale et la précarisation du travail n’ont pas cessé de se renforcer mutuellement a très largement favorisé l’emprise de ce narratif : « Les effets de la peur sont plus grands, si l’homme a faim, s’il a soif, s’il est malade ou fatigué, s’il est déjà déprimé par une émotion antérieure, ce qui explique que l’effet d’une propagande, qui utilise la peur comme base de son action, a toujours une emprise plus facile sur les hommes se trouvant dans des conditions économiques précaires, ou surmenés, ou apeurés par d’autres influences. » (TCHAKHOTINE, [1939]-1952, p.214).

La gestion de l’épidémie a aggravé fortement cette situation déjà dégradée et elle a contribué à renforcer la peur qu’elle suscite en augmentant le nombre d’allocataires RSA, en démultipliant les demandes alimentaires, les processus de décrochage scolaire, en exposant de nouveaux publics à la pauvreté. Selon un rapport remis au printemps 2021 au premier Ministre, une telle dégradation de la situation constitue probablement une bombe à retardement (CNLE, 2021).

Évoquons le fait que le Secours populaire a accueilli 45 % de personnes supplémentaires dès le premier confinement et que cette vague a continué pendant l’été 2020 (IPSOS, Secours populaire, 2020).

Les confinements successifs, couvre-feux et renvois chez eux des malades de la Covid-19 ont aussi contribué à renforcer cette emprise parce que la peur est plus fortement ressentie dans l’isolement, hors du cadre rassurant de la vie quotidienne et de ses rythmes, lorsqu’on ne peut pas disposer des ressources que l’on trouve habituellement dans les liens sociaux, la sociabilité et la convivialité.

Enfin, liée à un fort sentiment de vulnérabilité, de menace permanente, la peur des attentats terroristes a eu pour effet de renforcer la demande sociale de protection, le désir de sécurité et de justifier la mise en place d’un état d’urgence en créant les conditions de l’acceptabilité par la population des limitations des libertés qui lui sont associées.

Nous nous inscrivons aujourd’hui dans une tendance croissante à utiliser l’état d’exception comme paradigme normal de gouvernement, comme déterminant de l’élaboration des politiques des états (AGAMBEN, 2003).

À suivre ...


Pierre Roche est docteur HDR en sociologie. Cet article est une première version d’un texte actuellement en voie d’élaboration.


[1Rappelons seulement ici que l’être, pour Spinoza, est puissance et que celle-ci est empêchée, immobilisée, diminuée dans la tristesse ou, au contraire, favorisée, augmentée, en expansion dans la joie. Citons Gilles Deleuze, un de ses meilleurs interprètes : « Tant que nous sommes affectés de passions, nous n’avons pas la possession formelle de notre puissance d’agir. Mais les passions joyeuses nous rapprochent de cette puissance, c’est-à-dire l’augmentent ou l’aident ; les passions tristes nous en éloignent, c’est-à-dire la diminuent ou l’empêchent. (DELEUZE, 1985, CH. XVII, p.252.).

[2Eugène Enriquez est professeur émerite de sociologie à UFR de Sciences sociales de Paris 7 (Spécialisations étude de la dynamique des groupes, sociologie des organisations, sociologie politique, sociologie du pouvoir), cofondateur de plusieurs associations de recherche et de formation en psychosociologie, co rédacteur en chef de plusieurs revues (Connexions, Nouvelle revue de psychosociologie) Il a été professeur invité ou conférencier auprès de nombreuses universités ...

[3Nous utiliserons un chiffre arabe pour la partie et un chiffre romain pour la proposition ou la définition afin de permettre au lecteur qui dispose d’une autre édition et traduction de ce texte majeur de s’y référer.

[4Pour Deleuze, Spinoza « va si loin que, jusque dans l’espoir, dans la sécurité, il sait retrouver cette graine de tristesse qui suffit à en faire des sentiments d’esclaves. » (DELEUZE, 1983, p.39).

[5Spinoza commence à travailler la différence entre puissance d’agir et pouvoir dans les propositions XXXIV et XXXV de la partie 1 de l’Ethique (SPINOZA, p.95-97). La puissance d’agir rend compte de ce qui est en acte, d’une dynamique venant du bas, rayonnante, irradiante, instituante, tournée vers la subjectivation et l’émancipation. Le pouvoir se situerait plutôt du côté de la verticalité, de l’institué, de ce qui présuppose rapports dominants/dominés ou, du moins, dissymétrie. Il est souvent pouvoir sur les autres que ces derniers soient individus, groupes, classes sociales. Mais il n’y a pas ici seulement distinction mais aussi opposition. La puissance d’agir ne peut s’affirmer que contre le pouvoir, forme avec ce dernier un couple antagoniste (NEGRI, 1982). Elle ne peut que s’opposer à ce qui limite son développement, se met au travers de son trajet.

[6« (…) les hommes politiques songeraient, croit-on, bien plus à tendre des embûches aux hommes qu’à les servir utilement et leurs actes seraient inspirés bien plus par la ruse que par la sagesse. » (SPINOZA, [1670]- 1992, Traité de l’autorité politique [TP], CH.1, §2, p.918.)

[7Pour l’inefficacité, voire la dangerosité du confinement, on peut se reporter à la conférence du Professeur John P.A. Ioannidis de l’Université de Stanford, organisée à l’Institut Hospitalier Universitaire (IHU) –Méditerranée de Marseille. https://zerhubarbeblog.net/2021/02/26/covid-19-seminaire-de-john-ioannidis-a- lihu-mediterranee/

[8La panique dont nous sommes témoins aujourd’hui devient de plus en plus la norme qui s’impose en permanence à tous. Peter Sloterdijk avance le concept de « civilisation panique » (SLOTERDIJK, 2000).

[9La sidération a pour fonction de sauvegarder l’intégrité physique et psychique lorsque celle-ci est menacée par un événement traumatisant, terrorisant, insoutenable, incompréhensible notamment au moyen de l’apathie, de l’anesthésie de la pensée et de la dissociation émotionnelle.

Elle est efficace à court terme, mais devient vite, par contre, dangereuse.

[10Si on avait tout misé sur le vaccin pour le virus du SIDA, on n’aurait pas de trithérapie qui permet aujourd’hui à de nombreuses personnes de vivre avec ce dernier.

[11Nous ne disposons pas de connaissances sur les éventuels effets chroniques faute de réalisation d’essais à long terme. Nous avons peu de données sur l’immunotoxicité, la génotoxicité et l’interaction avec le génome humain. Aucun débat scientifique n’est engagé avec le microbiologiste Christian Velot pour qui un des principaux risques des vaccins génétiques consiste dans le fait qu’ils sont susceptibles d’augmenter les recombinaisons (en cas de cohabitation dans la même cellule d’un virus infectant et du matériel génétique viral lié à la vaccination) ; pour qui, aussi, la mise en oeuvre d’une vaccination massive en période d’épidémie est une erreur car susceptible de bloquer la souche d’origine et, ce faisant, de laisser la voie libre à de nouveaux variants. Se reporter au site du CRIIGEN. https://criigen.org/

[13Chez Cicéron, Virgile, Florian, SPERO peut signifier craindre, redouter… et chez Lucien SPES peut signifier triste pressentiment, crainte. (QUICHERAT, DAVELUY, p.1294).

[14On ne saurait bien sûr imputer tous ces décès aux vaccins mais leur nombre devrait inciter les pouvoirs publics à décider d’un moratoire afin précisément de pouvoir mener à bien des études de causalité.

[15Celle-ci réduit les montants de l’allocation et la durée de l’indemnisation, voire interdit pour beaucoup le fait d’y accéder.

[17La tribune du 27 mars 2021 de 41 directeurs d’hôpitaux de la Région Île-de-France dans le Journal du dimanche (JDD).

[18On peut, grâce au recul dont on dispose maintenant, mieux mesurer l’impact réel de la Covid-19 sur la population française pour toute l’année 2020. On ne saurait ici s’appuyer sur le décompte officiel des décès qui lui ont été attribués en France sur cette année (64.632 selon Santé Public France). Car il est difficile, voire impossible de démêler, dans leur survenue, la part qui lui revient et celle qui revient aux comorbidités. En l’absence de l’épidémie, nombre de ces personnes seraient décédées, sans doute quelques mois plus tard. On comprend alors que seule la surmortalité, toutes causes confondues, fait sens. Aussi nous parait-il important de prendre en compte les résultats d’une étude conduite sur cette dernière (TOUBIANA, MUCCHIELLI, CHAILLOT, BOUAUD, 2021). Selon cette étude, la surmortalité ne serait que de 3,6 % (environ 23 000 morts en excès sur les 629 500 attendus normalement en 2020, notamment en raison du vieillissement de la population). De surcroît, cette surmortalité serait en partie due à un effet de rattrapage eu égard à l’année 2019 qui présentait un défaut de mortalité (-2,92%) lié à l’effet moisson des épisodes grippaux de 2015 et 2017. On serait donc loin des scénarios-catastrophes annoncés pour justifier les deux premiers confinements (400.000 morts à chaque fois), surtout si l’on précise que celle-ci ne concerne que les plus de 65 ans, épargnant totalement, par contre, toutes les autres tranches d’âge qui représentent 80% de la population. Son impact sur les différentes classes d’âge serait donc tout à fait comparable à celui des autres événements sanitaires (épisodes grippaux ou caniculaires). A cela ajoutons encore que la surmortalité aurait été sans doute bien moindre dans cette tranche d’âge si tout avait été fait pour soigner les malades. Nous développerons plus loin cette question essentielle.

[19Cela n’est pas nouveau : « La peste est comme un grand incendie qui (…) s’il éclate dans une maison isolée ne pourra brûler que cette seule maison. Si, au contraire, il commence dans une ville ou une cité aux maisons très rapprochées et prend de la force, sa violence s’accroît d’autant, il fait rage partout et consume tout ce qui est à sa portée. » (DEFOE, (1720)-1959, p.1087) « Elle gagnait cette grande ville avec la rapidité d’un embrasement. » (Docteur DEYDIER cité dans CARRIÈRE ; COURDURIÉ & REBUFFAT, 1968, p.165). « Cet incendie spontané que la peste allume où elle passe, on sent très bien qu’il n’est pas autre chose qu’une immense liquidation. » ARTAUD, 1938, Cité dans https://guydrillin.com/).

[20Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement déclarait dans une interview accordée au Parisien, le 17 juillet 2021 : « Il faut être clair : dorénavant, c’est soit la vaccination générale, soit le tsunami viral, il n’y a pas d’alternative. »

[21Propos tenus par Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon, à Paris sur BFMTV-RMC le 13 avril 2021.

[22On dénombre près de 160.000 décès en 2018. Se reporter au site de la Ligue contre le cancer.

[23Sur notre propre approche de la proximité (ROCHE, 2007).

   

Messages

  • 1. Gestion politique de la Covid-19 et exercice du pouvoir par les passions tristes (Première partie).
    31 août, 18:33 - par RICHARD PALAO


    Oui c est une faute grave de n avoir pas autorisé dans L UE l utilisation des vaccins plus classiques russes et chinois, cela aurait permis aux candidats d exercer leur libre choix comme le prévoient les codes de la santé publique et la charte européenne de la santé et donc d augmenter le nombre de vaccinés et de rendre le pass sanitaire inutile.

    L argument concernant la rapidité de la fabrication des vaccins ARNM est discutable : les travaux sur l ARNM remontent aux années 1960 et ont valu le prix Nobel de médecine en 1965 aux professeurs français Monod, Jacob et Wolf.
    Depuis des centaines d équipes dans le monde ont travaillé sur les vaccins et traitement ARNM ce n est donc pas la fabrication des vaccins qui a été accélérée mais ce sont les phases d experimentation néanmoins , les procédures des 3 phases ont été respectées, c est la 4 ème phase qui est toujours en cours pour la bonne raison qu elle a pour but d examiner si des effets secondaires surviennent sur le long terme, ceci n est pas particulier aux vaccins ARNM, c est la procédure pour tous les médicaments mis en vente et utilisés dans des centaines d hôpitaux de part le monde, il est donc illogique de critiquer cette 4 ème phase uniquement pour les vaccins ARNM.
    A noter que ceux qui parmi les soignants refusent de se faire vacciner en prétextant que cette 4 ème phase d experimentation est toujours en cours ne se posent pas les mêmes questions éthiques lorsqu ils administrent chaque jour à leurs patients des nouveaux médicaments dont la 4 ème phase n est pas terminée
    Lorsque la première épidémie d Ebola est survenue le vaccin utilisé n avait passé que la première phase d experimentation, mais lorsqu il y a urgence " fou qui sous la grêle fait le délicat "
    À la vitesse avec laquelle la covid s est propagée, fallait il attendre 2024 et la fin de la 4 ème phase pour commencer à vacciner massivement ? Parions que ceux qui critiquent un excès de précipitation, auraient été les premiers à critiquer la lenteur des pouvoirs publics et les auraient rendus responsables de la mort de millions de personnes.

    Enfin il est inexact d écrire que L ARNM n à pas été expérimentée sur des humains, et j en suis l exemple vivant : il y a tout juste dix ans j ai bénéficie d un traitement imunotherapique par injection à base D ARNM pour éviter la proliferation de métastases, depuis ces traitements ont été développés et sont utilisés pour traiter certains type de cancer et d autres maladies graves

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