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Réalités fascistes de l’État ukrainien euromaïdan

Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

mardi 17 mai 2022 par Journaliste Gilet Jaune (dont le blog Basicblog a été interdit par Mediapart)

Excellente analyse sur les racines nazies du nationalisme ukrainien (BD-ANC)
Photo ci-contre, timbre à l’effigie du fasciste Bandera(NDLR)

Depuis huit ans, l’État euromaïdan se construit, ou se détruit, contre une part de la population ukrainienne identifiable par ses liens profonds avec la Russie. Le régime d’oppression qui en résulte est ici analysé de manière concrête : le territoire, les faits marquants, les protagonistes, les structures, les façons de penser et d’agir .

La grande majorité des occidentaux découvrent avec la guerre actuelle qu’une guerre civile sévit en Ukraine depuis 2014 à l’est du pays.

Qui ne comprend pas les origines de cette guerre ne comprend rien au conflit actuel.

La coexistence pacifique dans l’Ukraine d’avant 2014 tenait à un équilibre dont la fragilité se lit dans la géographie d’un territoire large de 1500 kilomètres d’Est en Ouest.

En 2001, 30% des ukrainiens sont de langue natale russe, essentiellement situés à l’est et au sud. La capitale kievienne était représentative de la nation, avec une proportion de 25%.

L’Ukraine n’est une nation indépendante que depuis trente ans, suite à la chute du mur et à sa séparation du bloc soviétique. Les populations orientales d’Ukraine ont donc vécu plusieurs siècles sous la Russie tsariste, un siècle sous l’Union Soviétique, et quelques dizaines d’années sous Ukraine indépendante.

La bipolarisation historique, culturelle et politique se lit clairement sur la carte électorale des présidentielles de 2012, où le président élu Viktor Yanoukovitch est très majoritaire dans les régions est et sud.

On voit sur cette carte complémentaire, les régions de Volhynie et Galicie, berceaux du nationalisme anti-soviétique – qui étaient sous autorité polonaise jusqu’en 1939 -, et à l’opposé, le Donbass.

Les carnages fondateurs de la coalition euromaïdan

En 2013, le président Viktor Yanukovych annonce un rapprochement économique avec la Russie, pas vraiment bien reçu par l’UE et l’OTAN, ni par certains partis et citoyens ukrainiens.

La « révolution de la dignité » de 2014, très active à Kiev et dans la moitié Ouest de l’Ukraine, part comme toujours d’un large mécontentement, dans un État faible où la corruption oligarchique est la règle.

Pendant un temps, les manifestations sont pacifiques. Dans quelle mesure sont-elles manipulées par les États-Unis, c’est difficile à dire. La Secrétaire d’état Victoria Nuland avoue que « les États-Unis ont investi quelque 5 milliards de dollars en Ukraine depuis 1991… pour soutenir les aspirations du peuple ukrainien à un gouvernement fort et démocratique qui représente ses intérêts », jurant la main sur le cœur qu’ils n’ont pas servi à « supporter le Maïdan ».

Dès novembre 2013, soit trois mois avant le renversement, le député du Parti des régions Oleg Tsarov déclare au parlement de la Rada :

« Les activistes de l’organisation « volya » se sont tournés vers moi pour me fournir des preuves claires qu’au sein de notre territoire, avec le soutien et l’assistance directe de l’ambassade des États-Unis, le projet Techcamp est installé et réalisé, dans le cadre duquel des préparatifs sont faits pour une guerre civile en Ukraine. Le projet Techcamp prépare les spécialistes à la guerre de l’information et au discrédit des institutions en utilisant les médias modernes. »

De fait, alors que la contestation semblait se calmer, la situation s’envenime à partir de janvier 2014 avec l’apparition de groupes de guérilla urbaine très bien organisés. Kiev se mue en véritable champ de bataille, avec d’un côté les forces de l’ordre, de l’autre les groupes paramilitaires bandéristes de Praviy Sektor, associés aux cellules « d’auto-défense maïdan » supervisées par le « commandeur de Maïdan » Andreiy Parubiy, ancien leader du parti “Social-nationaliste“ de consonance nazie.

Aux combats de rues viennent s’ajouter des tirs à balles réelles qui font de nombreux morts et blessés les 18 et 19 février, dans les rangs des émeutiers ainsi que des policiers (les “Berkouts“). Le président Yanoukovitch parvient in extremis à signer une trêve avec les leaders politiques de l’opposition maïdan.

En guise de trêve, la journée du 20 février se termine par un carnage, avec une cinquantaine de morts par tirs de snipers. Les chefs de parti Vitaliy Klychko (UDAR) et Arseniy Yatseniuk (“Opposition unie“) s’empressent de faire porter la responsabilité sur les Berkouts, suite à quoi le président Yanoukovitch s’enfuit à l’étranger.

Cette version d’un dérapage des forces de l’ordre est, aujourd’hui encore, soutenue par les directions des médias occidentaux, en dépit des informations contradictoires diffusées par leurs propres journalistes, nombreux à avoir effectué un valeureux travail de terrain ce jour-là.

L’enquête la plus sérieuse et complète a été réalisée par le docteur en sciences politiques de l’Université d’Ottawa, l’ukrainien Ivan Katchanovski. Il a immédiatement rassemblé, avec souci d’exhaustivité, les pièces à conviction disponibles :

« L’analyse qualitative du contenu comprend les données suivantes : environ 1 500 vidéos et enregistrements de diffusions en direct sur Internet et à la télévision dans les médias de masse et les médias sociaux de différents pays (quelque 150 gigaoctets), des reportages et des messages sur les médias sociaux de plus de 100 journalistes couvrant le massacre depuis Kiev, quelque 5 000 photos et près de 30 gigaoctets d’interceptions radio accessibles au public, de tireurs d’élite et de commandants de l’unité spéciale Alfa du Service de sécurité de l’Ukraine et des troupes intérieures, ainsi que les enregistrements du procès du massacre de Maidan. Cette étude s’appuie également sur des recherches de terrain sur le site du massacre, sur les rapports de témoins oculaires, tant des manifestants du Maïdan que des commandants des unités spéciales du gouvernement, sur les déclarations d’anciens et d’actuels responsables du gouvernement, sur des estimations des trajectoires balistiques approximatives, des balles et des armes utilisées, ainsi que des types de blessures, tant chez les manifestants que chez les policiers. Cette étude établit une chronologie précise des différents événements du massacre, l’emplacement des tireurs et des tireurs d’élite du gouvernement, ainsi que la chronologie spécifique ».

L’étude de 80 pages, complétée par deux montages vidéo de témoignages in situ (ici et là), basée sur des méthodes explicites éprouvées en milieu académique, est accessible moyennant une simple inscription via e-mail sur le site academia.edu :

http://www.academia.edu/8776021/The_Snipers_Massacre_on_the_Maidan_in_Ukraine

Pour comprendre la situation, voici un plan épuré : les manifestants progressent selon les pointillés jaunes en direction des bâtiments publics (en rouge) gardés par les “berkouts“, le grand hôtel Ukraina est face à la croix blanche à la droite des manifestants :

Le plan de reconstitution des emplacements et tirs de snipers (plan 1) est plus large :

Conclusions principales de l’étude du Dr Ivan Katchanovski :

La provenance des tirs de snipers concerne une quinzaine de sites occupés par des « volontaires » de maïdan (étoiles rouges sur le plan 1). Outre les expertises médicales qui pointent les provenances, beaucoup de blessés et témoins les ont confirmées sous serment au tribunal de Kiev, en 2017 (voir déclarations de 47 blessés ici, des témoins ici, les incohérences des expertises officielles là ).

Certains blessés sont revenus sur leurs déclarations initiales, ce qui n’est pas surprenant étant donné que la légitimité du renversement maïdan, qu’ils ont soutenu, est en jeu.

Les snipers du gouvernement (unités alpha et omega) se trouvent sur les bâtiments ministériels ou dans la rue (étoiles jaunes), et une grande partie de leurs tirs identifiés (lignes jaunes) sont dirigés vers des sites de snipers présumés.
Une multitude de témoignages et images attestent que les premiers à essuyer des tirs sont les policiers (Berkuts), tôt le matin (bien avant 9 heures), notamment en provenance du Conservatoire de musique, principalement occupé par des miliciens pro-maïdan de Praviy Sektor.

Pour suivre la fin de l’article : ICI

   

Messages

  • 1. Réalités fascistes de l’État ukrainien euromaïdan
    17 mai, 11:56 - par RICHARD PALAO


    Il est toujours intéressant de replacer dans son contexte historique des evenements d actualité, pour ma part bien que n étant pas un éminent spécialiste comme BD je pense que pour bien comprendre la guerre en Ukraine et la nazification du pays il faut remonter avant Maiden, à la création de l Ukraine, c est ce que ne manque pas de faire Poutine qui des qu il le peut rend responsable Lenine et les bolcheviques d avoir saborde la possibilité de faire renaître la grande Russie en créant des républiques autonomes, ce qui a fait monter les sentiments anti-russe et nationalistes utilisés par les partis fascistes pendant la deuxième guerre mondiale. Selon Poutine, la nazification ne remonte donc pas à Maiden, mais à l occupation de l Ukraine par l armée nazi de Hitler.
    Je me permets un ajout : il ne faut pas confondre : Russophone et Russophile, si les habitants du Donbass parlent le russe et ont majoritairement voté pour un président pro-russe, cela ne signifie pas qu ils souhaitent devenir russes, ils veulent tout simplement pouvoir continuer à parler le russe, que leur culture et racines russes soient respectees et préservées...
    C est en tout cas ce que me dit le jeune Ukrainien de 16 ans originaire de la région de Donesk hébergé par un membre de ma famille avec lequel je discute fréquemment.
    D après lui la majorité de la population du Donbas déteste autant Zelenski qui veut les rayer de la carte que Poutine qui prétend les libérer en bombardent leurs villes et en tuant de nombreux Russophones.

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