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Le nouveau président du Burkina Faso condamne l’impérialisme, cite Che Guevara et s’allie avec le Nicaragua, le Venezuela et Cuba

vendredi 8 septembre 2023 par Ben Norton

Le nouveau président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, s’est engagé à lutter contre l’impérialisme et le néocolonialisme. Il a promis une « refondation de la nation », invoquant le leader révolutionnaire Thomas Sankara et citant Che Guevara ; son gouvernement s’est allié au Nicaragua, au Venezuela et à Cuba.

Ce pays d’Afrique de l’Ouest a également noué des relations diplomatiques étroites avec les gouvernements révolutionnaires du Nicaragua, du Venezuela, de Cuba ainsi qu’avec l’Iran et le grand rival de l’OTAN : la Russie.

En janvier 2022, un groupe d’officiers militaires nationalistes burkinabè a renversé le président Roch Kaboré, un riche banquier qui avait noué des liens étroits avec l’ancien colonisateur du pays, la France, où il avait fait ses études.

Les militaires ont installé un gouvernement dirigé par le « Mouvement Patriotique de Sauvegarde et de Restauration » (MPSR), sous la présidence de Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Ils se sont engagés à lutter pour une véritable indépendance de l’hégémonie française, condamnant les politiques néocoloniales et le contrôle économique, politique et militaire que Paris exerce toujours sur l’Afrique de l’Ouest francophone.

Le Burkina Faso a mis fin à son accord militaire avec la France, vieux de plusieurs décennies, expulsant les centaines de soldats français présents dans le pays depuis des années.

Le nouveau président Damiba, populaire au départ, a vu son soutien s’effriter en raison de son échec à vaincre les insurgés salafistes-jihadistes meurtriers qui déstabilisaient le pays.

En septembre 2022, le mécontentement a conduit à un nouveau coup d’État au Burkina Faso, portant au pouvoir un autre chef militaire nationaliste nommé Ibrahim Traoré.
Il n’avait alors que 34 ans, ce qui faisait de lui l’un des plus jeunes dirigeants mondiaux.

Traoré s’est engagé à procéder à une « refondation de la nation » et à une vaste « modernisation » pour réprimer l’extrémisme violent, lutter contre la corruption et « réformer totalement le système de gouvernement ».

Le charismatique leader burkinabè termine fréquemment ses discours par le slogan : « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! », traduction française de la devise officielle de la révolution cubaine : « Patria o muerte, venceremos !

Le président Traoré a ravivé certaines des idées révolutionnaires de Thomas Sankara.

Sankara était un officier militaire burkinabè marxiste et un panafricaniste engagé qui a accédé au pouvoir lors d’un coup d’État en 1983.

Sankara a lancé une révolution socialiste, métamorphosant ce pays pauvre par une réforme agraire, un développement des infrastructures et de vastes programmes de santé publique et d’alphabétisation.

Sous la direction de Sankara, le Burkina Faso a également défié le néocolonialisme français et a poursuivi une politique étrangère anti-impérialiste, formant des alliances avec les luttes révolutionnaires du Sud.

Ces politiques de gauche ont été inversées en 1987, lorsque Sankara a été renversé et assassiné lors d’un coup d’État dirigé par son ancien allié Blaise Compaoré. Ce dernier s’est alors fortement orienté vers une politique de droite et s’est allié aux États-Unis et à la France, se maintenant au gouvernement grâce à des élections truquées jusqu’en 2014.

Aujourd’hui, Ibrahim Traoré s’appuie largement sur l’héritage de Sankara. Il a clairement indiqué qu’il souhaitait que l’Afrique de l’Ouest, et le continent dans son ensemble, soient libérés du néocolonialisme occidental.

En juillet dernier, le gouvernement russe a organisé un sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg. Traoré a été le premier dirigeant africain à arriver à la conférence. Il y a prononcé un discours anti-impérialiste enflammé.

  • « Nous sommes les peuples oubliés de la planète. Et nous sommes ici maintenant pour parler de l’avenir de nos pays, du futur que nous cherchons à façonner et dans lequel il n’y aura aucune ingérence dans nos affaires intérieures », a déclaré Traoré, selon la transcription partielle d’un communiqué du média d’État russe TASS.

Dans son discours, le chef de l’État burkinabè a également mis l’accent sur la souveraineté et la lutte contre l’impérialisme.

  • « Pourquoi l’Afrique, riche en ressources, reste-t-elle la région la plus pauvre du monde ? Nous posons ces questions et n’obtenons jamais de réponse. Cependant, l’opportunité se présente de nouer de nouvelles relations qui nous aideront à bâtir un avenir meilleur pour le Burkina Faso », a-t-il déclaré.

Les pays africains souffrent depuis des décennies d’une forme barbare et brutale de colonialisme et d’impérialisme, que l’on peut qualifier de forme moderne d’esclavage, a-t-il souligné.

  • « Toutefois, un esclave qui ne se bat pas [pour sa liberté] ne mérite aucune indulgence. Les chefs d’État africains ne devraient pas se comporter comme des pantins aux mains des marionnettistes impérialistes. Nous devons veiller à ce que nos pays soient auto-suffisants, y compris en matière alimentaire et puissent répondre à tous les besoins de nos peuples. Gloire et respect à nos populations ; victoire à nos peuples ! La patrie ou la mort ! »

Traoré a résumé la situation en citant les paroles du légendaire leader révolutionnaire cubain Ernesto « Che » Guevara. Le président du Burkina Faso, âgé de 35 ans, portait, lors du sommet, une tenue de camouflage et un béret rouge.

Le 29 juillet, Traoré a eu un entretien privé à Saint-Pétersbourg avec le président russe Vladimir Poutine.

Au cours de leur entretien, le dirigeant burkinabè a loué l’Union soviétique pour sa victoire contre le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré rencontre le président russe Vladimir Putin à St Petersbourg le 29 juillet 2023.

Le Burkina Faso renforce ses liens avec les mouvements révolutionnaires latino-américains

Le nouveau gouvernement nationaliste du Burkina Faso a également œuvré en faveur d’un approfondissement de ses relations avec les mouvements révolutionnaires d’Amérique latine.

En mai, le Premier ministre burkinabè, Apollinaire Joachim Kyélem de Tambèla, s’est rendu au Venezuela.

Tambèla a rencontré le président vénézuélien Nicolás Maduro, qui s’est engagé à « avancer dans la coopération, la solidarité et la croissance… en construisant une relation fraternelle solide ».

En juillet, le Premier ministre burkinabè s’est rendu au Nicaragua pour célébrer le 44e anniversaire de la révolution sandiniste. Tambèla a assisté aux commémorations de la révolution le 19 juillet à Managua, à l’invitation du président nicaraguayen Daniel Ortega.

Discours du Premier ministre du Burkina Faso, Apollinaire Joachim Kyélem de Tambèla, au 44e anniversaire de la révolution sandiniste, à Managua, Nicaragua, le 19 juillet 2023.

À la suite du coup d’État de septembre 2022 au Burkina Faso, le nouveau président Traoré a surpris de nombreux observateurs en choisissant comme Premier ministre un fidèle de longue date de Thomas Sankara, Apollinaire Joachim Kyélem de Tambèla.

Tambèla était un allié de Sankara lors de la révolution burkinabè. Lorsque Sankara est arrivé au pouvoir dans les années 1980, Tambèla a organisé un mouvement de solidarité et a recherché un soutien international pour le nouveau gouvernement de gauche.

Tambèla est panafricaniste et a été affilié à des organisations communistes et de gauche.

Traoré a déclaré dans un discours en décembre que Tambèla aiderait à superviser le processus de « refondation de la nation ». En le nommant au poste de Premier ministre, Traoré a affirmé son engagement à faire revivre l’héritage révolutionnaire de Sankara.

Dans son discours à l’occasion de l’anniversaire de la révolution sandiniste , Tambèla a rappelé l’héritage historique de solidarité entre les révolutions du Burkina Faso et du Nicaragua.

Tambèla a rappelé la visite de Sankara au Nicaragua in 1986, tandis que la même année, le dirigeant sandiniste Daniel Ortega s’était rendu au Burkina Faso.

Lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies en 1984, Sankara a déclaré : « Je souhaite aussi me sentir proche de mes camarades du Nicaragua, dont les ports sont minés, dont les villes sont bombardées et qui, malgré tout, font face à leur sort avec courage et lucidité. Je souffre avec tous ceux qui, en Amérique latine, souffrent de la domination impérialiste ».

En 1984 et en 1986, Sankara s’était également rendu à Cuba, où il avait rencontré le président révolutionnaire Fidel Castro.

Le président du Burkina Faso, Thomas Sankara, avec le président du Nicaragua Daniel Ortega.

  • « Pour les gens de ma génération, des événements nous unissent au Nicaragua, à Augusto César Sandino, au Front sandiniste de libération nationale et au commandant Daniel Ortega », a déclaré le Premier ministre burkinabè Tambèla dans son discours à Managua le 19 juillet 2023.
  • « Nous avons appris à connaître le Nicaragua. Quand la lutte de libération a commencé, j’étais très jeune, mais nous suivions jour après jour le contexte de la libération du Nicaragua. J’y suis allé en juillet 1979 et quand ils sont entrés à Managua, nous étions heureux, les gens de mon âge s’en sont réjouis », se souvient-il.
  • « Et puis, quand Thomas Sankara est arrivé au pouvoir, Daniel Ortega et la révolution sandiniste, c’était un événement heureux pour nous ; en tant qu’étudiants, nous avons beaucoup étudié l’histoire du Nicaragua, nous avons suivi son évolution ».

Tambèla a ajouté que le Burkina Faso avait soutenu le Nicaragua dans son procès contre les États-Unis devant la Cour Internationale de Justice.

Washington a été reconnu coupable d’avoir parrainé illégalement les « Contras », des escadrons de la mort d’extrême droite qui ont mené une guerre terroriste contre le gouvernement de gauche. Washington a aussi été reconnu coupable d’avoir miné les ports du Nicaragua. (Bien que le Nicaragua ait gagné son procès en 1986, le gouvernement US a toujours refusé de payer à ce pays d’Amérique centrale un seul centime des réparations auxquelles il a été condamné.)

« La lutte du Nicaragua est aussi celle de notre peuple », a souligné Tambèla.

Dans son discours du 19 juillet, le Premier ministre burkinabè a également adressé des salutations particulières aux délégations diplomatiques de Cuba, du Venezuela et d’Iran.

  • « Nous entretenons des relations très étroites avec Cuba », a ajouté Tambèla. « Le président Fidel Castro a été et reste une personnalité très importante pour la révolution en Afrique ; nous gardons d’excellents souvenirs, tant de Cuba que du président Fidel Castro ».

Source originale : Geopolitical Economy

Traduit de l’anglais par M. Sillou pourhttps://www.investigaction.net/fr/le-nouveau-president-du-burkina-faso-condamne-limperialisme-cite-che-guevara-et-sallie-avec-le-nicaragua-le-venezuela-et-cuba/


Voir en ligne : https://www.investigaction.net/fr/l...

   

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